histoire du KEO

Le KEO est une maison si particulière qu'elle nous a donné envie de remonter le temps et de faire connaissance avec les personnages qui l'ont habité et qui lui ont donné son charme actuel...
Le Quéau ou le Kéo. La première orthographe est celle employée dans l'acte de mariage d'Euphrasie Stéphan. La seconde est l'orthographe actuelle, celtisante.
Ce nom semble signifier "le trou du homard " ou "le trou du congre". Pourquoi cette appellation? Mystère...

Autre mystère, la date exacte de la construction de la maison.
A Ouessant, au 19° siècle, les difficulté de communication avec le continent faisaient que le notaire ne pouvait pas venir à chaque fois que c'était nécessaire, pour une succession, la vente d'un bien immobilier... La présence de deux notaires par canton, rendue obligatoire par décret pots-révolutionnaire n'a pas été appliquée bien longtemps sur l'île. Il n'y avait pas assez de clients... et la vie y était bien difficile pour des fonctionnaires continentaux! Le Juge de Paix faisait office de notaire depuis 1811 mais peu d'actes sont établis par ce fonctionnaire. On s'arrangeait  à l'amiable,  en famille. On échangeait beaucoup les terres, souvent divisées en très petites parcelles pour contenter tous les héritiers. Tout ceci sans acte notarié bien sûr. La transmission était le plus souvent orale.
Lorsque l'administration napoléonienne a décidé de faire rentrer l'impôt foncier régulièrement dans les caisses de l'Etat, il fallait bien trouver un système pour recenser tous les biens immobiliers de tous les Français, même dans les régions les plus isolées. C'est ainsi que, pour la première fois de son histoire, vers 1840, le territoire de l'île d'Ouessant s'est vu arpenté par les agents du cadastre. De là, et sans doute avec beaucoup de difficultés, sur la foi du témoignage de chacun, les propriétés ont figuré sur un plan et dans les registres fiscaux.
A partir des actes de vente de la maison du Kéo, dressés entre 1939 et 1976, on a pu  avoir la certitude que les numéros de parcelles au 19° siècle étaient D 1878 et D1877, correspondant à l'actuel Kéo, et qu'elles avaient appartenu à Jean- Marie Stéphan et à son épouse Anne-Marie Malgorn.

Ce mariage matérialise l'alliance des deux familles les plus aisées du bourg, au 19° siècle, deux familles de capitaines et de commerçants.

Jean-Marie Stéphan, né le 5 juillet 1830, était fils de Paul-Marie et de Marie-Anne Berthelé, autre famille ouessantine aisée. Comme son père, capitaine de navire, il embarque à 19 ans sur différents navires. Puis, en 1859, il embarque à Brest au service de l'Etat pour deux ans et demi. Sans doute remarqué par ses supérieurs, il suit les cours d'hydrographie pendant six mois et acquiert le titre de maître de cabotage. Il est donc habilité à commander des bateaux pour le commerce sur des courtes distances, appelé bornage.
De 1864 à 1865, il commande le Victor au départ de l'Aber Wrach, sur la côte nord du Finistère et va jusqu'à Granville, en Normandie où il va rester jusqu'en 1870 avec le même bateau.
Il se marie en 1857 mais ne revient définitivement au Conquet, toujours avec le Victor, qu'en 1870. Ce sera le nouveau port d'attache de ce bateau.
De là, en 1881, il affrète l'Euphrasie pour la petite pêche. Il en sera patron pendant deux ans.
En 1887, il est patron du Commissionaire, qui, partant du Conquet ou de Brest, transporte denrées et matériaux entre les îles et le continent. Ce sloup de plus de 22 tonneaux, d'une belle taille  pour l'époque, naviguera jusqu'en 1905 selon les registres maritimes,  jusqu'en 1907 selon des témoins de l'époque. Jean-Marie Stéphan en est le patron jusqu'en 1900. Il semblerait que Paul Noël, son gendre, ait continué à exploiter le Commissionaire après cette date. 
Les maîtres de cabotage sont peu nombreux. A Ouessant, il semblerait que les Malgorn et les Stéphan se partagent les routes du commerce insulaire, ce qui suffit à expliquer la richesse des deux familles qui, d'après les témoignages, se partageaient aussi le  bourg. Les Malgorn tenaient le haut du bourg et les Stéphan, le bas. Chacun ouvrira son bar-épicerie-quincaillerie, prêtera de l'argent aux pêcheurs nécessiteux, se payant sur les produits de leurs pêches. Ils seront les notables de l'île, construisant de nouvelles maisons, occupant les fonctions municipales.
Jean-Marie Stéphan a une liste impressionnante de biens immobiliers dès le milieu du siècle. Cette liste couvre six pages des grands Registres des propriété bâties et non bâties, dressés par l'administration fiscale de 1822 à 1881! Entre 1882 et 1910, il possède onze maisons au bourg.

Et la maison du Quéau?
Le terrain entre dans les biens de Jean-Marie Stéphan dès 1868. Il avait acquis, en même temps plusieurs terrains dans ce nouveau quartier proche de la nouvelle église, construite pour mille huit cent fidèles entre 1860 et 1863. 
Le bourg est donc appelé à se développer d'autant, qu'à la même période, de par la volonté de l'empereur Napoléon III,  on édifie la maison de charité  ou hôpital, l'école des soeurs, le grand phare du Créach, des forts, un quai à Porz Pol. C'est le moment d'investir! Les Ouessantins ne s'en priverons pas, du moins ceux qui en ont les moyens. Le recensement de 1901 trouvera 118 foyers au bourg, contre 27 en 1842.

Vers 1880, les Stéphan s'enrichissaient dans la pêche à la langouste que Jean-Louis (un frère de Jean-Marie?) allait pratiquer jusqu'en Espagne, ramenant les précieux crustacés vivants grâce à un vivier encaissé dans la cale de son bateau "le Clocher du Village". Jean-Marie, lui,  est autorisé à chercher du sel jusqu'au Croisic pour la consommation des habitants d'Ouessant. Tous ces commerces mariti
Le premier habitant du KEO es tdonc Jean marie STEPHAN ,on pense que c'est lui qui a fait construire la maison . Il était maître au cabotage
Il est propriétaire de nombreuses maisons à Ouessant
Il donne la jouissance du KEO à sa fille Euphrasie lors de son mariage avec paul NOEL
Paul NOEL est un personnage haut en couleur qui a une généalogie particulière car elle est liée aux îles du ponant
Sa famille maternelle est originaire de Molène et s'installera  sur l'île de Batz
Paul noel et Euphrasie auront un fils Paul Jean NOEL qui laissera sa vie à la Main de Massiges pendant le conflit de 1914-1918
Paul NOEL est adjoint au maire et se battra beaucoup pour essayer de maintenir une liaison constante entre l'île et le continent
Au KEO , il se fait construire un bureau ( piece recouverte de boiseries ) et un grand hangar dans lequel il vend du tissu et tout le materiel necessaire au pecheur

La maison est reprise par la famille LEVEN sur deux générations et restera leur propriétes jusqu'en 1970
C'est la famille MINIOU qui reprend le KEO jusqu'en 2004 ,date à laquelle nous avons pris le relais


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